Musique Alhambra

L'Actualité du Flamenco

 

  

 

AGUJETAS                    

 

Manuel de Los Santos Pastor, dit Agujetas naît à Jerez de la frontera, il y a 55 ans environ( sa date de naissance reste un mystère ).   Agujetas  travaille dans la forge de son père jusqu'en 1970. Dans ce lieu il forge également son chant caractérisé par les sons  noirs et profonds  qui font de lui une grande figure vivante du cante jondo ( chant profond ).

Le répertoire d'Agujetas se veut être une chronique du quotidien et relate des évènements réels. Il ne cesse de chanter des histoires d'amour et de douleur qu'il lance sur scène en plein cœur de l'auditoire, comme autant d'aiguillettes ( Agujetas en espagnol ). Agujetas sait faire passer au travers un cri ou un silence du drame et de la  poésie avec une intensité rarement atteinte par d'autres cantaors.  Il excelle dans les martinetes ( chant puissamment dramatique pour voix seule ), les soleas et les seguiriyas. Pour les aficionados, Agujetas est une référence absolue en matière de cante gitano, un monstro, un monstre sacré du flamenco. Comme de nombreux artistes gitans, il a hérité d’une culture musicale purement orale, inspirée des traditions et des signes de son Andalousie natale. Doté d’une âme de poète, il vit librement et compose les plus belles coplas flamencas en marge du monde, au plus profond de son inspiration ardente. Farouche ennemi de toute concession commerciale, Agujetas est un des plus authentiques représentants actuels de l’ancienne école de Jerez de la Frontera. Plus qu’aucun autre cantaor, il sait nous livrer l’essence du flamenco : l’émotion ne passe pas par le mot, mais nous est directement imposée par le langage du son, par une irrésistible vibration qui se dégage de tout son être. De sa voix chaude, arrachée, granuleuse, Agujetas ne met pas un texte en musique : il est le chant « Ce cantaor est presque toujours tendu, violent, barbare, sans délicatesse. Agujetas n’est qu’un cri. Il peut faire penser aux matadors du siècle dernier, tueurs puissants qui ne faisaient pas dans la dentelle », écrivait Mario Bois.